Accueil Années 1950 Terreur au Texas [Terror in a Texas town] (USA, 1958) de Joseph H. Lewis

Terreur au Texas [Terror in a Texas town] (USA, 1958) de Joseph H. Lewis

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À la fin du 19e siècle, au Texas, le nabab Ed McNeil veut spolier tous les paysans de leurs terres afin d’en exploiter une ressource ignorée : le pétrole. Les paysans résistent, mais McNeil embauche le desperado Johnny Crale pour les intimider. Crale n’hésite pas à supprimer les plus récalcitrants, dont le vieux Sven Hansen, ancien chasseur de baleines suédois. Quelques jours plus tard, George Hansen, le fils de Sven, arrive en ville avec l’intention de reprendre l’exploitation familiale.

Deux adjectifs résument ce drôle de western : bizarre et bancal. Pour sa dernière contribution au cinéma, Joseph H. Lewis ébauche une parabole à mon avis absconse sur la brutalité du maccarthysme. Le film commence par exposer la scène finale, le duel inégal entre le tueur à gages Crale et George Hansen, armé d’un harpon, sans en révéler l’issue. Étrange procédé narratif, qui pose les jalons d’une œuvre déroutante. Le côté bancal ressort du jeu de Sterling Hayden, qui s’applique à singer l’accent et les attitudes d’un rustaud suédois sans craindre la parodie, ainsi que de certaines facilités de scénario assumées (le paysan mexicain et sa famille, souffre-douleur soucieux de tirer des larmes au spectateur). Ajoutez un rythme lymphatique, une série de cadrages à l’expressionnisme maniéré, des plans évoquant plutôt Dreyer qu’Anthony Mann (l’ombre de Hayden et son harpon sur la lande brumeuse), des paysages aussi ternes que des terrains vagues, loin de l’imagerie du Far West, et la musique atonale de Gerald Fried, où une trompette éraillée et une guitare hagarde échangent des amabilités – vous obtenez une œuvre bizarre et bancale.

Difficile de se sentir transporté par un tel film. Mais de la même façon, on ne peut en nier la profonde originalité. À l’opposé d’une distribution impersonnelle, Nedrick Young (acteur et scénariste persécuté par le Comité parlementaire sur les activités anti-américaines) livre une belle composition du tueur à gages désabusé.

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